Délit, avenue Marceau : la carte, les prix, les sandwichs

Sandwich garni de légumes et sauce, tenu en main.

Un sandwich à 9 euros avenue Marceau, à deux pas des sièges sociaux et des boutiques du triangle d’or, ça ressemble à une provocation. Délit tient la boutique depuis juin 2022 et remplit sa salle tous les midis avec une carte courte, un pain brioché maison et des garnitures qui sortent du registre jambon-beurre. Voici ce qu’il y a réellement dedans.

Ce qu’il y a dans le pain

Le gravlax donne le ton. Pain brioché, crème au raifort, aneth, dos de poisson en gravlax, betterave, roquette, huile de sésame, lamelles de pomme Granny Smith, pickles d’oignon rouge. Sur le papier, la construction tient debout : le gras du poisson et la crème au raifort trouvent leur contrepoids dans l’acidité de la pomme et des pickles. La betterave apporte le sucre qui manque souvent aux sandwichs au saumon.

Le sandwich au poulet suit la même logique. Mayonnaise au paprika fumé, poulet rôti, graines de moutarde, pickles d’oignon rouge, iceberg, légumes rôtis. L’iceberg a une fonction précise : c’est la seule salade qui garde du croquant sous une mayonnaise épaisse pendant les 20 minutes qui séparent le comptoir du bureau.

Le N.14 joue plus salé encore, avec thon, œuf dur, mayonnaise, pommes de terre, chou, toujours dans le bun brioché. Une version parisienne du sandwich thon-œuf de bistrot, en plus dense.

Le point commun des trois, c’est le pain. Le brioché encaisse l’humidité des garnitures sans se déliter, là où une baguette classique rendrait les armes en 10 minutes. C’est aussi ce qui fait grimper la sensation de gras en bouche : entre une mie riche en beurre et une garniture qui l’est tout autant, l’addition monte vite. Ce sandwich remplace un déjeuner complet ; en encas de 16 heures, il pèse.

Le gravlax mérite un mot de plus. Il s’agit d’une salaison scandinave, poisson cru enrobé de sel, de sucre, d’aneth pendant 24 à 48 heures, jamais fumé. La texture obtenue reste ferme et grasse, plus proche du sashimi que du saumon fumé industriel qui se délite sous la dent. Dans un sandwich, cette tenue change tout : les tranches ne se déchirent pas quand on mord.

Les prix, poste par poste

Poste Prix
Sandwich seul 9 €
Formule 11 à 16 €
Petite assiette 6,50 €
Dessert 3,50 à 6 €
Café 2,50 à 5,50 €
Boissons maison, sodas 3 à 4 €

9 euros le sandwich, dans ce quartier, se situe dans la moyenne basse. Les boulangeries du secteur affichent des prix comparables pour des garnitures nettement moins travaillées. La formule à 11 euros passe sous le ticket moyen d’un menu Five Guys. Le calcul change évidemment si on prend la formule haute à 16 euros, qui rejoint le tarif d’un déjeuner assis dans le quartier.

Le café et la vitrine sucrée

Le café vient de la Brûlerie de Belleville, un des torréfacteurs de spécialité installés à Paris depuis le début des années 2010. Comptez 2,50 euros pour un espresso et jusqu’à 5,50 euros pour les préparations lactées les plus travaillées.

Côté vitrine, le carrot cake maison a la réputation de disparaître avant 13 heures. Le cookie double chocolat tient la deuxième place des ventes. Rien d’exotique dans cette liste. Ce sont des pâtisseries produites sur place, ce qui reste minoritaire dans les coffee shops du quartier.

Le lieu, les horaires, le piège du dimanche

Le décor mélange tuyaux apparents, néons, vinyles, livres, le tout autour d’un grand comptoir en zinc. De grandes baies vitrées ouvrent sur une terrasse en été. L’ensemble tire vers l’industriel pop plutôt que vers le bistrot parisien, ce qui tranche avec le reste de l’avenue.

L’adresse est au 55 avenue Marceau, dans le 16e. Comptez 350 mètres depuis George V, autant depuis Alma-Marceau. La maison ouvre à 8h30 pour le café, sert le déjeuner de 11h30 à 17h, baisse le rideau à 18h30 et ferme le dimanche. Les articles publiés à l’ouverture annonçaient une fermeture à 22h avec des plats à partager le soir : cette formule a disparu de la carte courante. Le lieu se privatise désormais en soirée sur réservation. La livraison passe par les plateformes aux horaires de service.

L’adresse s’inscrit dans une vague qui a pris de l’ampleur à Paris depuis 2020, celle des sandwicheries qui appliquent des techniques de cuisine à un format à emporter : pain travaillé sur place, protéine cuite le matin même, condiments maison. Le sandwich y devient le plat principal plutôt qu’une solution de repli quand la brasserie est pleine.

Pour qui ça vaut le détour

Pour un déjeuner de bureau dans le secteur, l’adresse se défend sans discussion. La carte courte accélère le service, la formule tient dans un budget quotidien, la qualité du café évite le passage supplémentaire chez le voisin.

Pour un déplacement spécifique depuis l’est parisien, la question se pose autrement. Le quartier compte peu d’autres arrêts gourmands. L’addition grimpe vite dès qu’on ajoute dessert et café à la formule. Le meilleur créneau reste le milieu de matinée, quand le comptoir est calme et que la vitrine sucrée est encore pleine.




Nicolas

Le fast-food, c’est plus qu’un repas rapide : c’est une culture. En tant que rédacteur en chef pour Fastfood.fr, je partage l’actualité des grandes enseignes, les nouveautés et les tendances qui changent nos habitudes. Mon credo : du gras, du vrai, et toujours avec l’appétit d’en savoir plus.