Burger King x Loris Giuliano : le burger-kebab né à Bercy débarque en France

Assortiment de burgers autour d’un logo illustré

Un burger peut-il naître des cris de 15 000 spectateurs dans une salle de concert ? Chez Burger King, la réponse s’appelle Löris Tomates Oignons. Né lors du concert de Loris Giuliano à l’Accor Arena le 15 mars 2026, il arrive dans les 620 Burger King de France le 7 juillet 2026. Au menu : bœuf grillé à la flamme, viande façon kebab et sauce blanche, décliné en burger ou en tortilla à partir de 9,90 euros. Les fast food sont devenus chers, un menu chez Five Guys c’est 21 euros. Ici, le ticket d’entrée a de quoi surprendre ceux qui avaient déserté les comptoirs pour cette raison précise.

Bercy, laboratoire produit improvisé

Le 15 mars 2026, l’Accor Arena affiche complet. Loris Giuliano, créateur de contenu suivi par près de 2 millions d’abonnés sur YouTube, y donne un concert aux côtés de l’acteur Pierre Niney. Quatre jours avant la date, l’événement vire au gouffre financier. Grégoire Champetier, senior advisor marketing chez Burger King, est appelé à la rescousse pour boucler le budget. En échange, l’enseigne obtient un rôle sur scène : le public composera en direct le prochain produit de la marque, ingrédient après ingrédient, au son d’un applaudimètre.

Sur scène, chaque proposition est jugée aux décibels. Plus la salle crie fort, plus l’ingrédient reste. Salade, tomates fraîches, rondelles d’oignons, sauce blanche : la recette prend forme sous les yeux et les tympans de 15 000 personnes. Le nom du produit et son logo sont déterminés selon le même principe. Les images du dispositif cumulent 1 million de vues en quelques heures sur les réseaux. On pourrait n’y voir qu’un énième coup de pub signé Buzzman. Sauf qu’aucune enseigne n’avait jusque-là soumis la recette d’un lancement au vote du public, en direct, pendant un concert sold out. Le format change la nature de l’opération.

Quatre burgers-kebabs, quatre expériences de mâche

Le pain aux graines de sésame accueille ici un colocataire inhabituel : la viande kebab, empilée sur le bœuf grillé à la flamme. Burger King ne s’est pas arrêté à une seule référence. La gamme se décline en quatre versions, chacune avec sa texture propre.

  1. Löris Tomates Oignons (bœuf) : bœuf grillé à la flamme, viande façon kebab, sauce blanche, salade, tomates fraîches et oignons sur pain aux graines de sésame.
  2. Löris Tomates Oignons Poulet : filet de poulet pané croustillant façon fried chicken sandwich, associé à la même viande kebab et à la sauce blanche.
  3. Tortilla Löris Tomates Oignons : viande kebab, sauce blanche et cheddar fondu dans une galette toastée qui joue le rôle de sleeve plutôt que de pain à sésame.
  4. Tortilla veggie : la même mécanique sans viande, pensée pour les tables qui ne veulent pas se diviser entre deux commandes différentes.

Une cup de sauce algérienne XXL complète la gamme, en dipping sauce séparée plutôt que nappée d’office. Le détail compte pour qui n’aime pas le pain détrempé avant la troisième bouchée.

Ce que le pain cache vraiment

781 kilocalories, 46 grammes de matières grasses, 39 grammes de protéines, 3,2 grammes de sel : la fiche nutritionnelle officielle du Löris Tomates Oignons version bœuf ne fait pas semblant. Le pain aux graines de sésame porte de la moutarde en plus de la sauce blanche, un détail que la photo du menu ne montre jamais. Ce chiffre ne vaut que pour la version bœuf : la version poulet grimpe légèrement à 790 kilocalories et 41 grammes de matières grasses, tandis que la tortilla veggie redescend à 593 kilocalories, des valeurs elles aussi publiées sur la fiche produit officielle.

9,90 euros, la friction en moins

Sur le terrain des prix, le Löris Tomates Oignons revient à 12,90 euros en menu, 9,90 euros pour la seule tortilla. Ailleurs sur le marché parisien du burger, la facture grimpe vite dès qu’on sort du fast casual pur. Le produit est disponible en salle, au drive, en click & collect et via livraison, sans distinction de canal sur le prix affiché. Pour une gamme née d’un pari financier à Bercy, l’enseigne ne fait pas payer la note de la publicité au client final.

Kebab honnête ou Whopper déguisé ?

La question circule déjà sur les réseaux. Les habitués des comptoirs traditionnels du 10e arrondissement ne se laissent pas facilement impressionner par un pain à sésame. Le Löris Tomates Oignons ne cherche pourtant pas à copier un vrai kebab de quartier : la viande façon kebab reste un ingrédient parmi d’autres, posée sur une base de burger classique, avec un ratio de condiments calibré pour tenir en une main sans dégouliner. La sauce blanche joue le rôle de special sauce maison, loin du yaourt à l’ail des adresses de rue.

« Il ne nous a pas vraiment laissé le choix. » Burger King France, fiche produit officielle, 2026.

Pour accompagner le lancement, Loris Giuliano tourne lui-même un spot qui détourne les codes de la publicité de parfum de luxe, jusqu’à agacer, à l’écran, le roi du burger en personne. L’autodérision devient l’argument de vente. La gamme entière assume d’être née d’un accident plutôt que d’un brief marketing classique.

Un précédent au maroilles, une méthode qui se répète

Ce n’est pas la première fois que Burger King laisse sa communauté écrire une partie du menu. Après la victoire de Lille face au Real Madrid, un pari lancé sur les réseaux sociaux avait déjà débouché sur un burger au maroilles. La mécanique se répète avec Löris Tomates Oignons, en changeant d’échelle. Aucun test régional cette fois. Un lancement simultané dans les 620 restaurants dès le 7 juillet, une LTO pensée pour tourner sur l’ensemble du territoire dès le premier jour. Moins de quatre mois séparent le concert de Bercy de la mise en rayon en restaurant.

Ni Buzzman ni l’applaudimètre de Bercy n’ont dit combien de temps durera le Löris Tomates Oignons. Il lui reste à tenir la carte plus longtemps qu’il n’a fallu de cris pour l’inventer.




Nicolas

Le fast-food, c’est plus qu’un repas rapide : c’est une culture. En tant que rédacteur en chef pour Fastfood.fr, je partage l’actualité des grandes enseignes, les nouveautés et les tendances qui changent nos habitudes. Mon credo : du gras, du vrai, et toujours avec l’appétit d’en savoir plus.

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